Revue de presse · 30 mai 2014 à 07:46 · 0
Les affaires politico-financières se multiplient de façon vertigineuse. Après l'affaire des fausses factures de Bygmalion qui a abouti à la démission du président de l'UMP, Jean-François Copé, après l'affaire des détournements de fonds des sénateurs UMP, Mediapart révèle une troisième affaire : l'UMP aurait organisé des formations fantômes payées par des collectivités.
D'après Mediapart, "une association liée à l'UMP, l'Association nationale pour la démocratie locale (ANDL), chargée de former des bataillons d'élus locaux aux frais des collectivités, a pris l'habitude de gonfler artificiellement le nombre de présents à ses séances, pour mieux surfacturer aux conseils régionaux, généraux ou municipaux".
Normalement, tout est très encadré : la loi oblige les assemblées territoriales à financer la formation des élus locaux et ces derniers ont la liberté de choisir leurs prestataires. C'est là qu'intervient l'Association nationale pour la démocratie locale (ANDL), la filiale "formation" de l'UMP dirigée par une proche de Jean-François Copé, la députée Michèle Tabarot. L'ANDL ? C'est une association dont le chiffre d'affaires est florissant : "580 000 euros en 2011, puis 524 000 euros pour quelque 2 000 élus officiellement "coachés" en 2012", détaille Mediapart.
D'après une source de Mediapart, depuis trois ans, l'ANDL aurait mis en place une astuce devenue "quasiment industrielle" : la facturation de formations à des élus absents. En clair, "l'ANDL vend une formation à telle ou telle collectivité pour un nombre élevé d'élus UMP, tout en sachant que certains n'y assisteront jamais. Complices, ces « absentéistes » signent quand même la feuille de présence, que l'ANDL est tenue de fournir aux services de la collectivité si elle veut encaisser l'intégralité du montant facturé", explique Mediapart.
Comment le système fonctionnait ? Mediapart a retrouvé la trace d'une formation intitulée "Tout savoir sur le budget" et qui s'est tenue en janvier 2011 à Laon (dans l'Aisne). Huit élus locaux étaient inscrits. Montant de la facture pour le conseil général de l'Aisne ? 3 997 euros, soit 571 euros par élu. Parmi ces élus, il y avait notamment Jérôme Lavrilleux, le directeur de cabinet de Jean-François Copé qui s'est illustré dans l'affaire Bygmalion. Enfin, ça, c'était sur le papier. Car Lavrilleux, qui a signé la feuille d'émargement, n'est jamais venu à cette formation. Interrogé par Mediapart, il s'est justifié comme il a pu : "J'ai eu un empêchement professionnel, j'ai dû annuler le matin même. La formation était due de toutes façons, puisque je n'avais pas annulé dans les délais impartis". Selon Mediapart, il aurait signé la feuille d'émargement plusieurs jours après ladite formation, ce qui pourrait être assimilé à un faux. S'agit-il d'un cas isolé ? Non, Mediapart a listé plusieurs formations fantômes où des élus étaient annoncés mais ne sont pas venus.
Contactés par le site d'information, ni Michèle Tabarot ni le service communication de l'UMP n'ont souhaité répondre aux questions des journalistes. Il revient désormais à la justice de se pencher sur cette nouvelle affaire : dans le cadre de l'enquête préliminaire visant les comptes de l'UMP et ouverte pour "faux", "abus de biens sociaux" et "abus de confiance", des perquisitions ont déjà eu lieu dans les locaux de l'ANDL et des documents ont été saisis.
*** Source
- Mathilde Mathieu et Marine Turchi, "UMP : après les fausses factures, les formations fantômes", Mediapart, 29.05.2014
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>> Affaire des détournements des sénateurs UMP : les comptes de la cagnotte secrète ont été détruits
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